Je ne m'hasarderai pas à une critique de ce nouvel album de Radiohead car, à mon sens, la musique se prête difficilement à cet exercice. Il y a un côté irrationnel, physique, voire charnel dans la relation que l'on peut avoir avec la musique qui en fait un art à part.
Ici, c'est le mode de distribution pour le moins original que Radiohead a choisi pour ce septième album qui m'inspire quelques réflexions.
Le "business model" que le groupe propose, réussit brillament à résoudre la quadrature du cercle qui agite l'industrie du disque depuis l'avènement du téléchargement.
En effet, l'érosion constante des ventes de cd ont amené les maisons de disque à produire des réponses toutes plus insatisfaisantes les unes que les autres. Que ce soit les dispositifs anti-copie sur les cd ou les drm sur les fichiers numériques qui viennent pénaliser l'acheteur honnête, on ne peut pas dire que les maisons de disque aient eu une réflexion très pertinente sur ce qu'est la musique au 21ème siècle et comment on doit la vendre.
Or, Radiohead, à la sortie du deal qui les liaient avec EMI, s'est retrouvé dans une situation à peu près analogue à celle qui dix ans plus tôt leur imposait un choix concernant le successeur d'OK Computer - c'est à dire confirmer ce succès quitte à s'enfermer dans une confortable carrière à la U2 ou choisir une autre voie, plus hasardeuse mais aussi plus libre artistiquement.
Grand bien leur en a fait puisque ce choix a engendré Kid A.
Sans maison de disque aujourd'hui, et devant un marché de la musique digitale qui fait l'objet d'une âpre bataille entre les vieillissantes maisons de disque, les fabricants informatique ou d'électronique et les fournisseurs d'accès d'internet, ils nous proposent une nouvelle façon de penser la musique.
Face à cette guerre des "fournisseurs de contenu" et à leur volonté d'hégémonie, la solution la plus rationnelle était encore de télécharger gratuitement, puisqu'on peut trouver les albums en téléchargement gratuit parfois trois mois avant leur sortie physique en magasin.
En proposant de laisser le libre choix à l'auditeur de fixer le prix de leur album dans sa version digitale, ils offrent une solution médiane entre le tout gratuit qui risque de marquer la mort de la création artistique et le modéle itunes qui en proposant un prix unique (0,99cts) pour les morceaux participe de ce relativisme culturel qui placent, en autre exemple, Diam's et Mozart sur le même plan.
Libre à chacun de réflechir au prix que l'on veut ou peut mettre pour écouter une création artistique.
En outre, ils proposent à ceux qui sont un peu triste de la dématérialisation des choses, d'acquérir une version cd, avec un cd bonus ainsi que des vynils et un artwork pour une somme qui,certes n'est pas donnée, mais qui se trouve être le prix de la liberté.
Bref, il est par conséquent possible de trouver des alternatives intelligentes pour peu qu'on prenne la peine de repenser la musique comme un art qui à une valeur mais qui n'est pas non plus un menu de fast-food uniforme dans le prix comme dans le goût.
13 octobre 2007
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