Le début d'année 2008 ne marquera pas de rupture à ce niveau avec 2007 puisque les gesticulations du chef de l'Etat vont se poursuivre sous l'oeil de la presse people mais aussi des hebdos. D'ailleurs, la primeur de l'info sur la liason Sarkozy/Bruni n'est pas venue de Point de Vue mais du site de l'Express (les deux journaux appartenant au groupe de presse Roularta).
C'est d'ailleurs sous l'oeil bienveillant de Christophe Barbier que Renaud Revel révèle le conte de Noël à Disneyland. Ce même Barbier justifie ce qui me semble être une dérive par son concept de "politisation du people": "ce n'est plus la politique qui se «peoplise», mais le «people» qui se politise"nous dit-il dès 2004 et qu'il ne manque pas de ressortir lors de ses interventions médiatiques.
Je reste circonspect par ce retournement sémantique qui n'a pas de substance et qui permet de se dédouaner de courir sur les talons de la presse people et de son juteux marché.
On voit très bien ce que signifie la "peoplisation du politique", les exemples sont nombreux (Sarkozy avec Cécilia puis Carla, Royal avec la mise en scène de sa séparation, de sa recherche d'un nouveau compagnon, Rachida Dati en couverture de Paris Match...) et la politique est bien évidemment absente de cette incurie qui masque un vide abyssal de fond.
Eric Zemmour, l'ancien comparse de Barbier dans (l'excellente) émission Ca se dispute, développe une théorie, qui me semble plus pertinente, sur cette envie irrépressible chez certains politiques de jouer sur les aspects privés de leur vie. Depuis l'avènement de la mondialisation portée par l'idéologie spéculative anglo-saxonne, la perte de pouvoir, de perte de prises sur les évènements des politiques fait qu'ils n'ont plus qu'eux à vendre. En somme, n'ayant plus de rôle majeur sur le cours de l'histoire, les politiques doivent être capables de se vendre comme des acteurs. La composition du gouvernement répondant à cet impératif du casting où seuls les meilleurs à la télé sont susceptibles de survivre.
En revanche, ce concept de Christophe Barbier me semble plutôt incongru, tout comme ses analyses du couple Sarkozy/Bruni à travers la sphère intime. Il précise,lors de ses interventions, que Carla Bruni est une "amie", qu'elle lui a confirmé la véracité de la relation avec Sarko, qu'elle est une star mondiale et que ce serait dommage qu'elle arrête de chanter. Espérons que Barbier arrête ses analyses à la Stéphane Bern et qu'il retrouve rapidement un esprit un tant soit peu critique face à cette "principautisation" qui gagne certains de nos dirigeants.
Carla et moi, par Christophe Barbier
La folie du "tout-people"
Un couple à la une
Ca se dispute
6 janvier 2008
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