Ayant acquis son « capital symbolique » d'homme de lettre, d'analyste politique et de journaliste disert par des émissions comme c dans l'air où il s'efforcait,très souvent avec justesse et objectivité, de mettre en lumière les mécanismes du jeu politique, Christophe Barbier serait-il lui même victime de ces forces en action dans le champ télévisuel?
L'enjeu que constitue la communication dans le monde politique actuel rend de plus en plus poreuse la, déjà très maigre, frontière entre ce dernier et le champ médiatique, si bien que les inclinaisons à rechercher le pouvoir, force se produisant traditionellement à excès dans le champ politique, ont cours également parmi les journalistes. Il n'est pas question ici de mettre en cause l'objectivité de Christophe, celle-ci étant prouvée à chaque émission où chaque homme ou femme politique « en prend pour son grade», a tel point qu'il est même difficile, même si je le verrai plutot centriste, mais cela n'engage que moi, de lui coller une étiquette politique, mais plutot d'émettre une critique sur les récents élans politicien de ce dernier et ainsi rouvrir le poussiéreux débats sur le rôle des journalistes.
La gestion de l'espace et des caméras dans les émissions auxquelles Christophe prend part est relativement significative. En effet, Christophe est toujours filmé de trois-quart, plan généralement utilisé pour les hommes politiques, les analystes... son regard n'est jamais tourné vers la caméra, mais vers ses interlocuteurs (Yves calvi...) qui eux, en revanche sont filmé de face (plan que l'on retrouve classiquement dans le journal de 20h). Le discours de l'analyste Christophe n'est donc pas transmis directement aux téléspectateurs mais est symboliquement médiatisé par le seul vrai journaliste en présence, l'interlocuteur. Les rôles sont donc clairement attribués.
Le fond du dicours est encore plus significatif. Si le travail du journaliste de traitement du fait, s'est clairement compléxifié et qu'à présent il s'accompagne fatalement d'une part d'analyse, qu'elle soit politique, économique ou autre, et qu'interviennent inévitablement dans ce traitement des signes de considérations politiques d'ordres particulières,au sens philosophiques du terme, le discours de propositions politiques est lui beaucoup plus ambigu. Chez Christophe l'analyse s'accompagne presque automatiquement de proposition de réformes, de projets de loi voire même de refonte total du système socio-politico-économique actuel. Si on peut aisément adhérer à ces propositions séduisantes et la plupart du temps intéressantes, il n'empêche qu'il convient d'être vigilent. Si les forces poltiques viennent troubler le champ médiatique, l'infime confiance qu'il nous reste envers les journalistes, qui déjà patissent d'une réputation assez déplorable, pourrait être rapidement balayée au profit d'une suspicion permanente, rendant l'existence même des médias caduque.
28 septembre 2007
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
1 commentaire:
Il est vrai que ses interventions posent la question de la limite du métier de journaliste. Surtout dans sa chronique sur LC1 où il n'hésite pas à assortir la critique de telle ou telle mesure d'une contreproposition
Aprés, il ne faut pas oublier qu'il a plus un rôle d'éditorialiste, ce qui lui donne le privilège de donner son avis sur tout. C'est plus sous cette casquette qu'il faut analyser cette tendance à formuler des contrepropositions.
Après chaque journaliste politique a sa marotte, Eric Zemmour la mondialisation, Jean-Michel Aphatie la dette. C'est leur valeur ajoutée.
Enregistrer un commentaire