Le Président sud-coréen Lee Myung-bak a déclaré lors d'une conférence de presse au club des correspondants étrangers de Séoul qu'il ne demanderait pas de nouvelles excuses au Japon concernant leurs crimes commis pendant la guerre.
"Pour des relations nouvelles et matures entre Seoul et Tôkyô, je ne leur demanderai pas d'excuses ou d'examen de conscience" a dit le Président nouvellement élu, considérant que les "excuses dans la forme" du Japon sont un "fait", rompant ainsi avec une tradition de demande d'excuses de la part de ses prédécesseurs. Il a ajouté cependant qu'à cause de leur caractère formel, ces excuses "n'avaient pas touché le peuple coréen" mais qu'il se disait "persuadé que le Japon aurait une diplomatie mature à cet égard".
Cette position conciliatrice du Président coréen confirme le net dégel dans les relations du Japon avec ses plus proches voisins visible depuis le départ du Premier Ministre Koizumi de son poste fin 2006. Les visites répétées au sanctuaire de Yasukuni, le regain patriote et révisionniste et un positionnement très atlantiste du Japon durant le mandat de Koizumi n'ont pas aidé à un apaisement des relations entre le Japon et la Corée du Sud et la Chine, marquées par la rancoeur de l' aprés- guerre.
Or, dans le même temps, l'interdépendance économique et culturelle entre le Japon et ses deux voisins s'est poursuivie nonobstant des positions gouvernementales très promptes à un raidissement patriotique. Dans le cas du Japon, le ciment économique ayant permis l'épanouissement d'une large classe moyenne s'étant effrité, la position emprunte de fierté nationale a permis à Koizumi de contenter en partie le pays. Le Parti Communiste chinois, lui fait également face à une montée des inégalités que le formidable boom économique ne fait qu'accentuer, et le nationalisme a pu permettre de recréer un sentiment national notamment lors des manifestations anti-japonaises (non réprimées) de 2005. Enfin la Corée du Sud, marquée par une tension entre une hypothétique réunification avec le Nord et une forte dépendance militaire vis à vis des Etats-Unis, a notamment comme contentieux avec le Japon la souveraineté sur l'îlot de Tokdo (ou Takeshima).
Le départ de Koizumi, surnommé "l'homme étrange"(変人) par Tanaka Makiko, s'est accompagné d'un retour progressif à des relations plus pacifiées. Son bref successeur, le falot Abe Shinzô qui bien qu'ayant tenu un discours plutôt ambigu, a malgré tout effectué sa première visite à l'étranger en Chine, marquant là aussi une rupture avec la longue tradition de ses prédécesseurs de réserver cette primeur à l'allié traditionnel américain.
Après la défaite du PLD aux élections sénatoriales de juillet 2007, le remplacement d' Abe par le modéré Fukuda Yasuo a permis l'amplification de ce mouvement de rapprochement.
Connu pour être sinohpile, opposant et ouvertement critique face aux visites au sanctuaire de Yasukuni, ce dernier a fait des relations avec la Corée et la Chine l'un des piliers de sa politique étrangère. Les premiers signes tangibles de cette politique ont été donné lors de la visite de Fukuda en Chine en décembre dernier où fut annoncé la visite officielle de M. Hu au Japon prévue cette année et qui constituera la première visite d'un chef d'Etat chinois à Tôkyô depuis dix ans.
Reste que ce retour à la modération des relations entre les trois pays reste dépendant de la personnalité des dirigeants en place et il sera probablement nécessaire que se succèdent des dirigeants sages pour permettre d'arriver à une entente durable.
19 janvier 2008
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